5 meditations

 

Cinq méditations sur la beauté de François Cheng
À lire et relire et encore relire.
p.35 2e méditation, sur la beauté mais aussi la tendresse "Si je poussais plus avant ma pensée, je dirais que notre sens du sens, notre sens d'un univers ayant sens vient aussi de la beauté, dans la mesure où, justement, cet univers composé d'éléments sensibles et sensoriels prend toujours une orientation précise, celle de tendre, à l'instar d'une fleur, d'un arbre, vers la réalisation du désir de l'éclat d'être qu'il porte en lui, jusqu'a ce qu'il signe la plénitude de sa présence. On trouve en ce processus les trois acceptations du mot "sens" en français : sensation, direction, signification."

 

p.37 "Relevant de l'être et non de l'avoir, la vraie beauté ne saurait être définie comme moyen ou instrument. Par essence, elle est une manière d'être, un état d'existence. Observons-là à travers un symbole de la beauté : la rose. Cela au risque de tomber dans un discours "à l'eau de rose" ! Courons ce risque. Par quelle voie d'habiyude et de déformation, la rose est-elle devenue cette image un peu banale, un peu mièvre, alors qu'il a fallu que l'univers évolue durant des milliards d'années pour produire cette entité miraculeuse d'harmonie, de cohérence et de résolution ? Acceptons de nous pencher une bonne fois sur la rose. Commençons par nous rappeler ce distique d'Angelus Silésius, un poète du XVIIe siècle originaire de Silésie, qu'on affilie aux mystiques rhéno-flamands, tels que Maître Eckhart ou Boehme :

"La rose est sans pourquoi, fleurit parcequ'elle fleurit ;

Sans souci d'elle-même, ni désir d'être vue.""